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Vol. 53, No. 7, July 2007, pp.1136 - 1137 Copyright © 2007 by The College of Family Physicians of Canada
Tête premièreLe port du casque et la sécurité de nos enfantsMark Robert Keezer, MDRésident de première année en neurologie à lUniversité McGill à Montréal, Québec
Anand Rughani, MD
Matthew Carroll Barbara Haas, MD
Correspondance à: Mark Robert Keezer, Université McGill, 761, boul. St-Joseph Est, Montréal, QC H2J 1K3; téléphone 514 276–1584; courrielmarkrobert.keezer{at}mail.mcgill.ca
Les blessures non intentionnelles sont la principale cause de décès chez les Canadiens de moins de 34 ans et lune des premières causes dhospitalisation1. En 1999 et 2000, les blessures à vélo avaient causé 4 667 admissions à lhôpital, dune durée moyenne de 4,1 jours2. Les traumatismes crâniens représentent habituellement plus de 25% de ces admissions et 75% des causes de décès chezles cyclistes 3,4. Ilest tragiquede penser que ces blessures peuvent être évitées. Aux États-Unis, entre 1994 et 2005, 92% des accidents mortels à vélo impliquaient des cyclistes qui ne portaient pas de casque5. Une récente étude du Centre de collaboration Cochrane concluait que le casque protecteur réduisait de près de 88% le risque de traumatisme crânien et cérébral6. La loi et léducation Pour accroître le port du casque à vélo, il a fallu des initiatives législatives et des campagnes dinformation. À lheure actuelle, 5 provinces (Colombie-Britannique, Alberta, Ontario, Nouveau-Brunswick et Nouvelle-Écosse) ont adopté des lois pour rendre obligatoire le port du casque à vélo. Toutes ces activités se sont constamment traduites par une hausse du port du casque et une baisse des blessures à la tête en faisant du vélo7,8. À Halifax (Nouvelle-Écosse), on a signalé une augmentation du port du casque, qui est passé de 36%, 2 ans avant ladoption de la loi, à plus de 80%, 2 ans après sa mise en œuvre7. Le taux de traumatismes crâniens dans 4 de ces provinces a baissé de 45% durant les 3 ans qui ont suivi ladoption de la loi8. Ces données font fortement valoir quune loi sur le port obligatoire du casque peut être extrêmement efficace. Pour diverses raisons, cependant, on soppose fortement à une loi dans 5 des provinces qui en sont dépourvues. Le Québec en est un exemple notoire9. Le principal argument des opposants, cest-à-dire que la loi découragerait la pratique du vélo, demeure non fondé et, compte tenu des risques potentiels, injustifié. À lopposé des résultats positifs obtenus avec les lois, les campagnes de sensibilisation nont réussi que très modestement à augmenter le port du casque et à réduire le nombre dadmissions à lhôpital10. En dépit dun certain nombre de campagnes financées par le secteur privé et les gouvernements, le taux de port du casque demeure pitoyablement bas au Québec11. Une étude par observation de cyclistes québécois en 2002 révélait une utilisation du casque de 29% dans tous les groupes dâge et de seulement 20% chez les 10 à 15 ans12. Dans le contexte dune récente activité éducative sur le port du casque protecteur, entreprise par le groupe dintérêts des étudiants en neurologie à lUniversité McGill, nous avons fait un sondage informel auprès de 424 élèves de 6e année de la région de Montréal. Près de 85% des répondants étaient propriétaires dune bicyclette et plus des trois quarts dentre eux avaient aussi un casque. Seulement le tiers des répondants ont rapporté avoir déjà porté un casque à vélo et moins du quart disaient toujours en porter un. Les taux relativement élevés des élèves ayant un casque et les faibles taux du port du casque pourraient indiquer quil faudrait insister sur léducation concernant les bienfaits protecteurs dun port approprié du casque. De nombreuses campagnes ont comme principale caractéristique de faciliter laccès à un casque, mais cest peut-être moins important que de donner des renseignements appropriés et de convaincre les cyclistes de limportance de toujours porter un casque9,13–15. Cela explique peut-être le succès modeste de ces campagnes. Quelques études se sont penchées sur les obstacles au port du casque. Elles ont toutes conclu que le port du casque par les pairs et par les parents est le facteur déterminant le plus important15–21. Finoff et ses collègues ont indiqué que les enfants de 7 à 10 ans disent ne pas porter le casque en raison de son inconfort; le deuxième plus important motif était quils «nen avaient pas besoin»15. Dans notre sondage informel auprès des élèves de 6e année, 35% ont aussi dit ne pas en avoir besoin. On sem-ble croire quun accident est improbable à vélo et quil nest donc pas nécessaire de porter un casque. À tout le moins, le risque perçu nest pas assez grand pour justifier linconfort de porter le casque. Il faut donc orienter léducation sur une présentation plus explicite des risques associés à la pratique du vélo sans casque. Une telle stratégie sera dautant plus efficace si les méthodes pédagogiques tiennent compte de linfluence importante des pairs et des parents. Certains enfants dans des groupes témoins ont même dit que la loi serait un autre moyen important dencourager le port du casque21. Les médecins de famille comme promoteurs Dans toute cette polémique, les médecins de famille jouent un rôle important. En tant que professionnels de la médecine impliqués dans leur collectivité, ils peuvent se faire des promoteurs convaincants et efficaces du port du casque auprès des parents et des enfants. En qualité de médecins respectés, ils peuvent intervenir directement auprès des décideurs pour encourager ladoption des lois nécessaires dans des provinces comme le Québec qui nont pas reconnu jusquà présent la nécessité dune telle loi. Bref, même sil est démontré que le port du casque à vélo réduit considérablement le risque de traumatismes crâniens, tous les cyclistes ne le portent pas. Une loi sur le port obligatoire du casque protecteur dans 5 provinces a eu des effets positifs. Si les autres provinces les imitaient, les blessures et les décès en seraient certainement réduits. Pour faire baisser les blessures à la tête en faisant du vélo, il faut renseigner de manière appropriée les cyclistes de tous âges sur limportance de porter le casque. Les médecins de famille peuvent jouer ici un rôle important en informant leurs patients et en soulignant auprès des décideurs les responsabilités qui leur incombent pour protéger nos enfants.
Footnotes Aucun déclaré Les opinions exprimées dans les commentaires sont celles des auteurs. Leur publication ne signifie pas quelles sont sanctionnées par le Collège des médecins de famille du Canada. Références
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