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Can Fam Physician
Vol. 53, No. 7, July 2007, pp.1142 - 1143
Copyright © 2007 by The College of Family Physicians of Canada
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Débats

Réfutation: Devrait-on offrir aux Canadiens le dépistage systématique du cancer de la prostate?

NON

Michel Labrecque, MD PhD CCFP FCFP, France Légaré, MD PhD CCFP FCFP and Michel Cauchon, MD CCFP FCFP
Drs Labrecque, Légaré et Cauchon sont respectivement professeur titulaire, professeur agrégé et professeur agrégé au Département de médecine familiale de l’Université Laval. Dre Légaré est également détentrice de la Chaire de recherche du Canada sur l’implantation de la prise de décision partagée en soins primaires

Nous sommes d’accord que le bien-fondé du dépistage systématique repose sur l’importance de la maladie, une méthode efficace de détection précoce et la disponibilité d’un traitement précoce ayant un impact significatif sur la mortalité. Toutefois, en 2007, la prise de décision éclairée de consentir ou non à ce dépistage est essentielle. Pour ce faire, il faut que toutes les données probantes sur les bénéfices et les risques du dépistage soient présentées clairement, ce que nous avons fait dans notre article.1

L’utilisation de l’antigène prostatique spécifique est de plus en plus remise en question. Plusieurs études et revues récentes soulèvent les limites importantes de ce marqueur tant pour la détection que pour le pronostic du cancer de la prostate.26

L’efficacité du traitement par prostatectomie d’un cancer localisé sur la mortalité par cancer de la prostate est modeste.7 La réduction de mortalité exprimée seulement en terme relatif (diminution de 50%) est trompeuse et peu utile pour communiquer les faits au patient. Tel qu’illustré dans notre article,1 chez 100 patients qui ont subi une prostatectomie, après 10 ans, seulement 5 en bénéficie réellement et 95 l’ont fait pour rien, tout en risquant ses effets secondaires importants!

Il est prématuré d’attribuer au dépistage la réduction de la mortalité par cancer de la prostate observée dans certaines populations. En l’absence des résultats des essais cliniques randomisés en cours, l’insuffisance de preuves appuyant le bienfondé du dépistage systématique est constamment répétée et à raison.4,8,9

Nous ne pouvons faire fi de l’impact négatif de la détection des cancers «à bas risque» chez des hommes jusque là en bonne santé. Il n’est malheureusement pas possible de dire à un patient qui envisage le dépistage du cancer de la prostate s’il en tirera plus d’avantages que de désavantages. Simplement poser le diagnostic de cancer de la prostate porte atteinte à la qualité de la vie.10

À la lumière des connaissances actuelles, le dépistage du cancer de la prostate prescrit de façon systématique ne peut se justifier. Notre rôle consiste à communiquer à nos patients de façon claire et balancée les bénéfices et les risques associés au dépistage, tout en vérifiant leur compréhension, leurs valeurs et leurs préférences. Nous les aiderons ainsi à prendre une décision avec laquelle ils seront confortables quelle qu’en soit l’issue. Cette approche a fait ses preuves.11

Footnotes

Intérêts concurrents

Aucun déclaré

Références

  1. Labrecque M, Légaré F, Cauchon M. Devraiton offrir aux Canadiens le dépistage systématique du cancer de la prostate? Non [Débats]. Can Fam Physician 2007;53:989–92. (ang), 994–7 (fr).[Free Full Text]
  2. Thompson IM, Ankerst DP, Chi C, Lucia MS, Goodman PJ, Crowley JJ, et al. Operating characteristics of prostate-specific antigen in men with an initial PSA level of 3.0 ng/ml or lower. JAMA 2005;294(1):66–70.[Abstract/Free Full Text]
  3. Thompson KE, Hernandez J, Canby-Hagino ED, Troyer D, Thompson IM. Prognostic features in men who died of prostate cancer. J Urol 2005;174(2):553–6. discussion 56.[Medline]
  4. Postma R, Schroder FH. Screening for prostate cancer. Eur J Cancer 2005;41(6):825–33.[Medline]
  5. Welch HG, Schwartz LM, Woloshin S. Prostate-specific antigen levels in the United States: implications of various definitions for abnormal. J Natl Cancer Inst 2005;97(15):1132–7.[Abstract/Free Full Text]
  6. Constantinou J, Feneley MR. PSA testing: an evolving relationship with prostate cancer screening. Prostate Cancer Prostatic Dis 2006;9(1):6–13.[Medline]
  7. Bill-Axelson A, Holmberg L, Ruutu M, Haggman M, Andersson SO, Bratell S, et al. Radical prostatectomy versus watchful waiting in early prostate cancer. N Engl J Med 2005;352(19):1977–84.[Abstract/Free Full Text]
  8. Ilic D, O’Connor D, Green S, Wilt T. Screening for prostate cancer. Cochrane Database Syst Rev 2006;3:CD004720.[Medline]
  9. Harris R, Lohr KN. Screening for prostate cancer: an update of the evidence for the US Preventive Services Task Force. Ann Intern Med 2002;137(11):917–29. Accessible à: http://www.ahrq.gov/clinic/3rduspstf/prostatescr/prostaterr.htm. Accédé 2007 juin 10.[Abstract/Free Full Text]
  10. Korfage IJ, de Koning HJ, Roobol M, Schroder FH, Essink-Bot ML. Prostate cancer diagnosis: the impact on patients’ mental health. Eur J Cancer 2006;42(2):165–70.[Medline]
  11. O’Connor AM. Using decision aids to help patients navigate the "grey zone" of medical decision-making. CMAJ 2007;176:1597–8.[Free Full Text]

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