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Vol. 53, No. 9, September 2007, pp.1419 - 1421 Copyright © 2007 by The College of Family Physicians of Canada
Une livre de remèdeÉviter un déclin générationnel dans la santé généraleDavid Butler-Jones, MD MHSc CCFP FRCPCAuparavant clinicien, médecin-hygiéniste local en Ontario, médecin-hygiéniste en chef de la Saskatchewan, est maintenant le premier médecin-hygiéniste en chef et administrateur en chef de lAgence de la santé publique du Canada Correspondance à: Dr David Butler-Jones, Agence de santé publique du Canada, 130, chemin Colonnade, Ottawa, ON K1A 0K9; téléphone 613 954-8524; télécopieur 613 941-3605; courriel cpho-aspc{at}phac-aspc.gc.ca Au cours des 25 dernières années, nous avons été témoins dune hausse inquiétante du nombre denfants classés comme obèses ou ayant un excès de poids (en fonction des seuils spécifiques de lindice de massecorporelle selon lâge etle sexe du Groupedétude international sur lobésité)1; 29% des jeunes Canadiens de 12 à 17 ans ont un excès de poids ou sont obèses, ce qui représente le double des 14% observés de 1978 à 19792. Pour lobésité seulement, les taux dans ce groupe dâge a en réalité triplé durant cette période, passant de 3% à 9%. Les adolescents en 2004 avaient plus souvent un excès de poids ou de lobésité (32%) que les adolescentes (26%). Ce problème nest pas exclusif à ladolescence. De fait, 26% des enfants de 6 à 11 ans présentaient un excès de poids ou de lobésité en 2004, ici aussi le double du taux observé il y a 25 ans. Des effets durant toute la vie Lobésité peut affecter la santé physique et émotionnelle, tant à court quà long terme. Les enfants obèses sont plus susceptibles de souffrir de fatigue, dapnée du sommeil, de problèmes respiratoires, de douleurs articulaires et dautres complications orthopédiques et de conséquences psychologiques, comme lisolement et la stigmatisation3. De plus, les enfants obèses ont tendance à devenir des adultes obèses et lexcès de poids sur une longue période de temps augmente le risque de développer des problèmes de santé chroniques4. Nous savons quune saine alimentation et lactivité physique sont essentielles à un poids santé et que les petits changements sadditionnent avec le temps. Par exemple, si on boit une bouteille de 600 ml de boisson gazeuse ou de jus par jour au lieu dune cannette de 355 ml (ou une réduction en valeur calorique équivalente en activité), il peut y avoir une différence de 10 à 15 livres à chaque année. Le problème est évidemment plus complexe, mais cet exemple montre combien facilement les problèmes se créent avec le temps sur les plans individuel et collectif. Pour les enfants, les conséquences peuvent durer toute leur vie. Nous savons que de nombreux facteurs influencent les habitudes alimentaires des enfants et leur pratique dactivités physiques. Nous savons que la vie des enfants est souvent sous le contrôle dautres personnes - parents, autorités scolaires et autres adultes. Les enfants ne font habituellement pas lépicerie ni préparentils les repas de la famille. Ils ne remplissent pas les distributrices automatiques dans les écoles, ils nélaborent pas le programme déducation physique ni établissentils les règles qui façonnent le marketing qui les cible. Ce contexte ne fait quajouter à la vulnérabilité des enfants et compliquer encore davantage la solution au problème. Les facteurs Compte tenu de ce que nous savons au sujet des conséquences physiques et émotionnelles dun poids excessif, nous devons agir dès maintenant parce que si nous tardons, le défi nen sera que plus grand. De fait, des chercheurs concluent que des facteurs environnementaux, comportementaux, sociaux, culturels et génétiques contribuent tous à lexcès de poids et à lobésité. Les changements environnementaux accélérés des dernières décennies revêtent tout particulièrement de limportance. Des changements, comme de plus grosses portions et laccessibilité omniprésente des prêts-à-manger, ont grandement contribué à la surconsommation daliments denses en énergie et faibles en éléments nutritifs naturels. Des changements environnementaux qui découragent lactivité imprévue et le jeu spontané sans danger (comme la conduite automobile au lieu de la marche ou du vélo) sont largement responsables de la réduction de la dépense dénergie. Il en est de même pour les changements dans nos préférences en matière de loisirs, comme le temps passé à regarder la télévision ou à lordinateur. La situation se complique aussi du fait que, si le problème dexcès de poids affecte des Canadiens à tous les niveaux socioéconomiques, les familles moins bien nanties nont pas assez dargent pour acheter des aliments plus sains, du matériel de sports ou sinscrire à des activités. Les problèmes sont aussi plus accentués dans les régions rurales et éloignées. Un effort communautaire Par contre, il se produit des changements positifs, en commençant par la reconnaissance grandissante que la prévention et le traitement de lexcès de poids chez les enfants exigeront une approche multidimensionnelle et multisectorielle en santé de la population qui tient compte de léventail des facteurs qui influencent le poids corporel. La hausse récente de lintérêt du public pour la question représente une étape importante dans la motivation à régler le problème. En plus de cette attention récente, un rapport du Comité permanent de la santé de la Chambre des communes, intitulé Des enfants en santé: Une question de poids, a été rendu public. Ce rapport est digne déloges en ce qui a trait à sa portée, puisquil a examiné les questions allant au-delà du comportement, comme les effets de la situation économique et les environnements sociaux et physiques, léducation et la culture - certains des déterminants mêmes de la santé5. Nous devons compter sur la communauté pour trouver bon nombre des solutions, en mettant à contribution les parents, les enseignants, les groupes communautaires, les concepteurs urbains, les industries des aliments, des boissons et de la publicité, les responsables de la santé publique, tous les paliers de gouvernement et les promoteurs de la santé. Les médecins jouent un rôle essentiel dans la réussite de telles stratégies. En tant que précieux conseillers dignes de confiance en matière de santé auprès des enfants, de leurs parents et du grand public, les médecins peuvent guider les jeunes patients et leur famille en leur offrant des conseils pratiques qui renforcent les messages de base à propos dune saine alimentation, dune vie active et de poids santé. Les avantages de telles brèves interventions sont malheureusement trop souvent sous-estimés, mais leur contribution à la santé générale de la population est bien réelle6,7. Le Guide alimentaire canadien8 et les Guides dactivité physique canadiens9 peuvent être utiles pour communiquer les messages de base concernant une vie saine aux enfants et à leurs parents. Les deux sont gratuits et peuvent être commandés en ligne. Ce sont des outils importants pour expliquer ce que veulent dire une saine alimentation et une vie active. Le Guide alimentaire canadien a récemment fait lobjet de révisions et comporte maintenant une version adaptée aux Premières nations, aux Inuit et aux Métis, ainsi que de linformation pour les enfants dâge préscolaire, notamment sur la grosseur appropriée des portions. Le nouveau Guide alimentaire canadien tient aussi compte de la diversité culturelle en évolution au Canada et inclut des aliments dune variété de traditions ethniques. Les médecins de famille Bien sûr, il est particulièrement difficile de déterminer sil est nécessaire de donner à un enfant plus que des conseils préventifs. Les enfants qui ont un excès de poids peuvent perdre ces livres de trop dans le processus normal de la croissance et du développement. La surveillance devient surtout critique en fonction de la rapidité du gain de poids10,11. Idéalement, un gain de poids rapide devrait déclencher un protocole thérapeutique complet qui pourrait aider les enfants et leurs parents à apporter les changements nécessaires dans lalimentation et lactivité physique. En 2003, un rapport canadien exhaustif, intitulé Lobésité chez les enfants: Agir à la lumière des données probantes, concluait que des données probantes corroboraient lefficacité du traitement pour réduire ou éliminer lobésité chez les enfants12. Toutefois, jusquà la mise en place de guides de pratique clinique appuyés par le système de soins de première ligne au Canada, les médecins doivent se rappeler que les modestes effets de la surveillance des patients et dun bref counseling, même pour ceux qui ont un excès de poids, peuvent se traduire par des avantages considérables pour la santé de la population6. Il nexiste pas dapproche ou de programme unique qui, individuellement, peut prévenir ou réduire la prévalence de lexcès de poids malsain chez tous les enfants. Mais, en raison de leur accessibilité et de leur influence, les médecins occupent une position privilégiée pour surveiller les progrès des enfants quils soignent et donner des suggestions importantes sur lalimentation et lactivité physique durant toute la vie des enfants. En tant que membres respectés de leur communauté, rares sont ceux qui sont mieux placés que les médecins pour devenir promoteurs des changements sociétaux et environnementaux de base qui sont nécessaires pour renverser la tendance à lobésité.
Acknowledgments Remerciements Je tiens à remercier de ses contributions à cet article Dre Margaret de Groh, analyste principale des politiques au Centre de prévention et de contrôle des maladies chroniques de lAgence de la santé publique du Canada. Footnotes Aucun déclaré les opinions exprimées dans les commentaires sont celles des auteurs. Leur publication ne signifie pas quelles sont sanctionnées par le Collège des médecins de famille du Canada. Références
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