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Vol. 53, No. 9, September 2007, pp.1426 - 1428 Copyright © 2007 by The College of Family Physicians of Canada
Promouvoir léquité entre les sexes en médecine familialeBarbara Lent, MA MD CCFP FCFPProfesseure au Département de médecine familiale et vice-doyenne aux questions reliées à léquité, à la problématique hommes-femmes et à la santé du corps professoral à la Faculté Schulich de médecine et dart dentaire à lUniversity of Western Ontario à London. Elle est membre du Comité de léquité et de la diversité du Collège des médecins de famille du Canada.
May Cohen, MD CCFP FCFP
Cheryl A. Levitt, MBBCh CCFP FCFP
Correspondance à: Dre Barbara Lent, Department of Family Medicine, University of Western Ontario, 60 Chesley Ave, London ON N5Z 2C1; téléphone 519 433-8424; télécopieur 519 433-2244; courriel blent{at}uwo.ca En donnant leur aval aux Recommandations dHamilton sur léquité1 (Déclaration HER), le Collège des médecins de famille du Canada (CMFC) et le Collège des médecins de famille de lOntario se sont joints à leurs collègues internationaux en sengageant à lendroit de léquité entre les sexes*. La Déclaration HER, rédigée lors dune rencontre singulière du groupe de travail de la WONCA sur les femmes et la médecine familiale, regroupant 25 femmes médecins de famille de 16 pays et des 6 régions de la WONCA, insiste sur limportance critique dautonomiser les femmes et propose un cadre pour permettre den arriver à une équité durable entre les sexes en médecine familiale. À la même rencontre, le groupe a aussi élaboré une déclaration sy rattachant, les 10 étapes menant à léquité entre les sexes dans le domaine de la santé (10 Steps to Gender Equity in Health, (Tableau 12), qui souligne limportance du statut social des hommes et des femmes comme déterminant clé de la santé.
Autonomiser les femmes Les organismes internationaux, comme les Nations Unies et lOrganisation mondiale de la santé, reconnaissent universellement que lautonomisation des femmes et leur participation entière et équitable au marché du travail, dans les professions et dans lensemble de la société sont essentielles au renforcement des sociétés civiles. Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations Unies, la exprimé de manière éloquente : [L]es études successives nous ont montré que le développement passait impérativement par lautonomisation des femmes. Aucune autre politique ne peut davantage accroître la productivité économique ou réduire la mortalité maternelle et infantile. Aucune autre politique ne peut aussi sûrement améliorer la nutrition et promouvoir la santé, y compris la prévention de la propagation du VIH/sida. Aucune autre politique nest aussi puissante pour améliorer laccès à léducation de la prochaine génération. Et je me risquerai à ajouter quaucune politique nest plus importante pour prévenir les conflits ou pour assurer la réconciliation après un conflit. Mais, quels que soient les véritables avantages quil y a à investir dans les femmes, le fait le plus important demeure que les femmes ont le droit de vivre dans la dignité, à labri du besoin et de la peur3. Les femmes et les jeunes filles nont souvent pas autant de possibilités de bénéficier de la société et dy contribuer que les hommes et les jeunes garçons. Si cétait le cas, nous aurions dans le monde des sociétés bien plus saines et plus solides. La culture, la religion, les traditions, le droit, lhistoire et la politique influencent tous le degré de participation des femmes à la société. Ces facteurs contribuent aussi aux différences entre les hommes et les femmes, entre les filles et les garçons, en ce qui a trait aux problèmes de santé quils éprouvent. Le statut social des hommes et des femmes est un important déterminant de la santé et dune saine société sur lequel il faut se pencher. Ce problème nest pas exclusif aux pays en développement. Tous les jours, les médias canadiens rapportent des cas de violence familiale, de pauvreté chez les enfants, de grossesses non souhaitées, qui reflètent tous les effets de linégalité entre les sexes. Le rôle du CMFC En tant que membres canadiennes du groupe de travail de la WONCA sur les femmes et la médecine familiale, nous croyons que le CMFC et les sections provinciales peuvent promouvoir léquité entre les sexes de diverses façons. Se servant comme cadre des 4 principes auxquels adhère la Déclaration HER, les recommandations suivantes mettent en évidence les façons dont les organisations de médecine familiale peuvent préconiser léquité entre les sexes et une plus grande reconnaissance du statut social des hommes et des femmes à titre de déterminant fondamental de la santé.
1. Enchâsser le principe de léquité entre les sexes dans la gouvernance du CMFC
2. Semployer à mettre en œuvre léquité entre les sexes dans toutes les activités du CMFC
3. Promulguer le rôle essentiel du statut social des hommes et des femmes en tant quimportant déterminant de la santé
4. Promouvoir linclusion équitable et lavancement des femmes médecins de famille au CMFC et dans la médecine universitaire au Canada Chef de file du changement Étant donné le grand respect que sest mérité le CMFC sur le plan international, le Collège a la possibilité de faire une véritable différence. Nous pouvons évaluer en profondeur les défis que posent les changements à la composition de leffectif médical et assurer une participation équitable des femmes et des hommes. Pour créer une culture organisationnelle et professionnelle qui comprend et intègre léquité entre les sexes dans toutes ses acticités, il faut des connaissances, une réflexion et un engagement ferme. La promotion de léquité peut remettre en question nos idées de la forme que devrait prendre la médecine familiale. Notre vision de la médecine familiale est le reflet des principes de la justice sociale. La médecine familiale sera une discipline dans laquelle les hommes et les femmes peuvent participer sur un pied dégalité en tant que médecins, universitaires et dans la médecine organisée et où notre Collège préconise la santé de tous les Canadiens en réglant les inégalités entre les sexes dans le domaine de la santé.
Footnotes
* Le statut social des hommes et des femmes signifie dans cet article le construct social qui reflète les rôles, les attentes, les comportements et les valeurs des hommes et des femmes par opposition aux différences biologiques reliées au sexe.
Aucun déclaré les opinions exprimées dans les commentaires sont celles des auteurs. Leur publication ne signifie pas quelles sont sanctionnées par le Collège des médecins de famille du Canada. References
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