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Vol. 54, No. 11, November 2008, p.1509 Copyright © 2008 by The College of Family Physicians of Canada
Fierté et préjugésNicholas Pimlott, MD CCFP, RÉDACTEUR ASSOCIÉ
La politique nest rien dautre que de la médecine à grande échelle. À juste titre, les Canadiens sont fiers de leur système de santé, qui accorde plus dimportance à léquité et à la justice quau privilège et à la capacité de payer. Parallèlement, les médecins de famille canadiens peuvent senorgueillir du fait que de nombreuses études démontrent que les médecins de famille offrent le genre de soins de santé que les décideurs veulent et dont la population a besoin - des soins centrés sur les patients par des médecins engagés à lendroit de soins continus complets1. La discipline de la médecine familiale épouse les principes valorisés par les systèmes de santé partout dans le monde1. Pourtant, 2 articles du présent numéro du Médecin de famille canadien (MFC) révèlent et préconisent quil y a bien, bien plus à faire pour que le système de santé canadien soit réellement équitable et efficace, et que nous puissions en être fiers. Dans le commentaire intitulé «Régler les inégalités en matière de santé. Une bonne raison dimplanter les soins de santé primaires» (www.cfp.ca), Dre Carmel Martin et Terry Kaufman passent en revue les données probantes innombrables voulant que les circonstances sociales et économiques des personnes et des collectivités influencent bien plus leur santé que les soins de santé2,3. De plus, il est notoire que si de bons soins médicaux sont importants pour le bien-être des populations, lamélioration des soins de santé ne suffit pas pour combler les inégalités au chapitre de la santé3,4. Les médecins de famille canadiens forment des équipes de santé familiale et mettent en oeuvre dautres changements dans leur pratique, mais ce processus se concentre surtout sur la «mécanique» de la prestation des soins de santé. Martin et Kaufman font un plaidoyer convaincant selon lequel les médecins de famille peuvent et devraient penser au-delà de la mécanique et agir en chefs de fil relativement aux déterminants sociaux de la santé et aux inégalités en matière de santé dans leurs collectivités. Ils présentent 7 façons de le faire. Dans un commentaire sur le même thème, intitulé «Préjugés en médecine. Notre rôle dans les inégalités en matière de santé» (page 1518), Dr Len Kelly et ses collègues présentent un argument provocateur voulant que la situation des plus démunis dans notre société — les immigrants et les Autochtones canadiens — et de ceux dont la santé est la plus négativement touchée par le gradient socioéconomique-en santé est aggravée non seulement par la langue et les obstacles culturels, mais aussi par les préjugés des professionnels de la santé. Kelly et al. maintiennent que sil est difficile de définir et de mesurer les attitudes et les comportements empreints de préjugés, il reste important dessayer disoler et détudier ces aspects des soins, de comprendre leurs effets sur la santé des démunis, puis de les changer. Comme point de départ, nous pourrions examiner nos propres préjugés envers certains de nos patients. Novembre est aussi le moment propice pour se souvenir dun autre groupe de Canadiens - un groupe dont les problèmes médicaux sont aussi négligés et mal compris. Je suis le premier membre de ma famille en 4 générations à ne pas avoir fait de service militaire. Mon père est un ancien combattant de lArmée britannique qui a servi durant la Crise de Suez et les missions de maintien de la paix à Chypre de 1955 à 1958. Son père était dans lArtillerie royale montée durant la Première Guerre mondiale et sest mérité la Médaille militaire de bravoure. En tant que médecin, je compte aussi des anciens combattants parmi mes patients. Dans ce numéro, on présente un article tiré des Dossiers sur la santé des anciens combattants, une série trimes-trielle darticles coordonnés par Anciens Combattants Canada. Cette série explore les situations vécues par des médecins de famille qui soignent des anciens combattants militaires. Larticle de novembre, par Dr James Thompson et ses collègues, «Lésion cérébrale subie sur le champ de bataille. Symptômes inexpliqués et traumatisme cérébral léger par souffle» (www.cfp.ca), présente aux médecins de famille une étude utile sur un problème fréquent mais mal compris chez les anciens combattants revenant de la guerre. Mon grand-père a perdu une jambe à cause dune bombe en essayant de sauver un camarade soldat et il souffrait certainement de ce genre de traumatisme. Jai encore la médaille qui lui a été décernée, la boîte de cuivre dans laquelle elle se trouvait et ses certificats de libération. Comme le temps froid de novembre, la lecture de ce numéro du MFC peut vous faire frissonner, mais il présente beaucoup de matière à laquelle réfléchir et réagir. Comme le disait Rudolph Virchow il y a plus dun siècle, le médecin est lavocat naturel du pauvre. Aujourdhui plus que jamais, ce devrait être le cas pour les médecins de famille canadiens.
Footnotes Aucun déclaré This article is also in English on page 1507. Références
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