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Vol. 54, No. 12, December 2008, pp.1664 - 1667 Copyright © 2008 by The College of Family Physicians of Canada
Sattaquer au fardeau de lhypertension au CanadaEncourager les soins en collaborationAnn Thompson, Norm R. Campbell, MD, Lyne Cloutier, IA PhD, Jo-Anne Costello, IA MScN IPA, Martin Dawes, MB BS MD FRCGP, John Hickey, MD, Janusz Kaczorowski, MA PhD, Richard Z. Lewanczuk, MD PhD, William Semchuk, MSc PharmD FCSHP, Ross T. Tsuyuki, MSc PharmD FCSHP FACC and Du groupe de travail sur la mise en œuvre du Programme éducatif canadien sur lhypertensionMme Thompson est responsable de la pratique clinique des Services régionaux de pharmacie du Capital Health à Edmonton, en Alberta. Dr Campbell est professeur au Département de médecine de lUniversity of Calgary, en Alberta. Mme Cloutier est professeure au Département de sciences infirmières de lUniversité du Québec à Trois-Rivières. Mme Costello est infirmière praticienne responsable de léquipe de médecine familiale de Guelph, en Ontario. Dr Dawes est professeur agrégé et directeur du Département de médecine familiale à lUniversité McGill à Montréal, au Québec. Dr Hickey exerce la médecine familiale au St Marthas Regional Hospital à Antigonish, en Nouvelle-écosse. Dr Kaczorowski est professeur et directeur de la recherche au Département de pratique familiale de lUniversity of British Columbia, à Vancouver. Dr Lewanczuk est professeur au Département de médecine de lUniversity of Alberta à Edmonton. M. Semchuk est gestionnaire des Services de pharmacie clinique de la Régie régionale de santé de Regina QuAppelle, en Saskatchewan. Dr Tsuyuki est professeur de médecine à la Faculté de médecine et dart dentaire de lUniversity of Alberta et directeur du Centre EPICORE, à Edmonton. Tous les auteurs sont membres, et Drs Kaczorowski et Lewanczuk sont coprésidents, du Groupe de travail chargé de la mise en œuvre du Programme éducatif canadien sur lhypertension (PECH). Dr Campbell est président du Comité directeur et du Comité de direction du PECH. Correspondance: Mme Ann Thompson, Regional Pharmacy Services, Alberta Health Services, 0G1.01 Walter J. MacKenzie Centre, 8440 -112 St, Edmonton, AB T6G 2B7; téléphone 780 407-7564; télécopieur 780 407-7690; courriel ann.thompson@ca pitalhealth.ca Le Programme éducatif canadien sur lhypertension (PECH) a pour mandat de réduire le fardeau des maladies cardiovasculaires au Canada par une meilleure prise en charge de lhypertension. Le processus du dépistage, du diagnostic, du traitement et de la surveillance sur une base continue de lhypertension génère à lui seul le plus grand nombre de visites au cabinet des médecins de famille au Canada - plus de 20 millions par année1. Cest une lourde charge de travail pour les médecins. Ce qui complique la situation, cest le fait quenviron 15 % de la population canadienne na actuellement pas de médecin de famille. De plus, la prévalence de lhypertension diagnostiquée est à la hausse: environ 1 Canadien sur 4 en souffre, et on sattend à ce que ce nombre augmente. Selon une récente analyse de la population canadienne, la prévalence de lhypertension chez les personnes de plus de 50 ans sélève à plus de 50 %2. Dans un sondage national effectué entre 1986 et 1992, seulement une minorité de patients atteints dhypertension étaient identifiés, traités et contrôlés pour atteindre leur objectif recommandé de pression artérielle3. Les taux de maîtrise de lhypertension se sont améliorés, selon un récent sondage en Ontario, mais au moins 30 % des Ontariens de 18 ans et plus nétaient toujours pas contrôlés ni identifiés4. Cest pourquoi le Groupe de travail chargé de la mise en œuvre du PECH était davis quil serait bénéfique de reconnaître les lacunes de soins existantes dans la prise en charge de lhypertension et dencourager les professionnels de la santé de première ligne à intégrer et à coordonner davantage leurs efforts dans le but ultime de réduire le fardeau des maladies cardiovasculaires. Étant donné la prévalence de lhypertension et les grandes demandes de soins de la part des patients déjà exercées sur les médecins de famille, lune des solutions pour le dépistage et les soins aux patients hypertendus est de tirer profit au maximum des connaissances, des habiletés et des capacités spéciales des autres membres de léquipe de soins de santé. Le comité du Groupe de travail compte 3 sous-groupes de première ligne: des médecins de famille, des infirmières et des pharmaciens. À la réunion annuelle du Groupe de travail, en septembre 2007, on a révélé que le manque de clarté dans les rôles de chaque groupe de professionnels de la santé dans la prise en charge des patients atteints dhypertension peut nuire à leur collaboration. Étant donné la nature multidisciplinaire du PECH et du Groupe de travail, nous avons jugé important dendosser la collaboration interdisciplinaire et dexaminer comment laméliorer. Il existe présentement peu de données pour démontrer si ou comment les soins en collaboration influencent les résultats chez le patient; par ailleurs, on peut déduire par intuition que la maîtrise de lhypertension peut être améliorée si les compétences spéciales de chaque membre de léquipe peuvent être utilisées pleinement. Le médecin de famille a traditionnellement été au centre de la coordination des soins; cependant, la portée de la pratique des infirmières, des infirmières praticiennes et des pharmaciens sélargit, et favorise leur plus grande participation à la prise en charge des maladies chroniques. De plus, le nombre croissant de patients hypertendus combiné aux pressions exercées sur les médecins de famille portent à conclure que la collaboration dans les soins est essentielle. Même sil existe des équipes interdisciplinaires (comme les réseaux de soins primaires ou les équipes de santé familiale), ou si elles sont en voie dêtre créées pour intégrer dautres professionnels de la santé dans les soins primaires, ce concept nen est quà ses débuts et ne touche quune minorité de patients atteints dhypertension. Cest plutôt au niveau de la pratique familiale traditionnelle que se donnent les soins, là où linfrastructure et les ressources financières pour faciliter des soins interdisciplinaires systématiques sont insuffisantes. Cet article a pour but de susciter la discussion concernant la façon dont nous pouvons améliorer en collaboration les soins dans nos communautés respectives en nous partageant les responsabilités, dans le but commun daméliorer la prise en charge de lhypertension au Canada. Ce faisant, nous espérons identifier les lacunes dans notre savoir actuel, ce qui pourrait aider les chercheurs. En donnant notre aval à la collaboration interdisciplinaire, nous espérons que dautres recherches seront effectuées, visant à déterminer si cette collaboration produit de meilleurs résultats chez les patients hypertendus. Nous reconnaissons lexistence de chevauchements dans les rôles des médecins, des infirmières et des pharmaciens; ce document mettra en évidence le profil de compétences uniques de chaque groupe, qui peuvent améliorer la prise en charge des patients (Figure 1).
Soins partagés Il importe dinsister sur le fait que tous les groupes de professionnels de la santé doivent travailler à optimiser la prévention et la détection de lhypertension, les changements au mode de vie, le traitement et le respect des consignes. La coordination des services dans le large éventail de milieux communautaires où les soins aux patients peuvent être fournis le plus efficacement est la façon la plus probable de produire les meilleurs résultats chez le patient; cela renforce limportance dintégrer les habiletés et les connaissances des infirmières, des pharmaciens et des médecins. Ces profils de compétences qui se chevauchent dans chaque profession peuvent faciliter une utilisation optimale des ressources en soins de santé en permettant diverses options de prestation des soins. Chaque professionnel de la santé a une formation lui permettant dapporter une contribution unique aux décisions en matière de soins aux patients; il y a lieu dépouser le concept selon lequel «le tout est plus grand que la somme de ses parties». Les médecins, les infirmières et les pharmaciens sont tous capables dobtenir une mesure exacte de la pression artérielle, mais le plan de prise en charge dun patient en particulier dépend souvent dune variété dautres facteurs. Chaque praticien peut jouer un rôle important dans lidentification et la communication du plan de traitement collectif et en assumer la responsabilité. On sattend à ce que les renseignements influençant le plan thérapeutique soient bien documentés et communiqués à tous les membres de léquipe. Le PECH appuie et encourage la responsabilité partagée pour les patients qui font de lhypertension ou à risque den faire. Le Tableau 1 met en évidence certains des profils de compétences dans les groupes de professionnels de la santé; quoique cette liste ne se veuille pas exhaustive, elle représente un point de départ pour amorcer les discussions dans le milieu des soins primaires. Nous croyons quil importe de donner des messages uniformes, adaptés à chaque patient et à ses attentes,et de communiquer efficacement les préoccupations concernant les soins continus aux patients que nous avons en commun.
Pierres dassise Le fardeau de lhypertension, détectée et non détectée, est trop lourd pour que les professionnels de la santé sabstiennent de travailler ensemble, et ce, dans lintérêt des patients que nous servons tous. La détection insuffisante, les problèmes dobservance par les patients et linertie clinique, ainsi que la complexité du traitement en présence dautres maladies nuisent à notre capacité daméliorer les taux de maîtrise à léchelle nationale. En partageant la responsabilité avec dautres professionnels de la santé, comme les infirmières et les pharmaciens, on peut soulager les médecins dune partie de ce fardeau de soins. De fait, une récente étude méthodique fait valoir que lapproche en équipe dans le traitement de lhypertension est à elle seule lintervention la plus efficace pour améliorer la qualité des soins5. Les pharmaciens, les infirmières et les autres professionnels de la santé concernés doivent être prêts et disposés à accepter des responsabilités additionnelles, mais ils doivent aussi se sentir habilités à assumer ces tâches supplémentaires. De plus, il faut expliquer aux patients ce quils peuvent attendre des divers professionnels de la santé et comment ces groupes peuvent exercer un rôle plus important et plus de responsabilités dans leurs soins. Le but ultime est de permettre aux patients de devenir les ambassadeurs de la prise en charge de leur propre hypertension et de sadresser au professionnel de la santé approprié pour obtenir soutien et information au besoin et sur une base continue. Le rapport Romanow6, publié en 2002, identifiait 4 pierres dassise essentielles dans la prestation des soins de santé primaires. Il sagissait de la continuité des soins, de la détection et de lintervention précoces, de meilleurs renseignements sur les besoins et les résultats, et dapproches et de mesures incitatives plus fortes pour que les professionnels de la santé participent aux soins primaires. Le rapport insistait aussi sur limportance des équipes et réseaux en collaboration dans les futurs modèles de soins primaires. Il nous incombe maintenant collectivement de le concrétiser efficacement. Nous devons arrêter den parler et commencer à agir. Chaque année, le PECH a fait un excellent travail dans la mise à jour annuelle des recommandations sur le dépistage, le diagnostic et le traitement de lhypertension. En outre, le PECH a endossé lélaboration de lignes directrices spécifiques aux professions pour la prise en charge de lhypertension avec les médecins de famille7,8, les pharmaciens9 et les infirmières10. On a aussi produit des recommandations fondées sur des données probantes pour aider les patients à comprendre et à prendre en charge lhypertension11. Ces lignes directrices favorisent le partage des soins et des responsabilités, et fournissent des renseignements exacts et opportuns à lappui de bonnes décisions pour la prise en charge de nos patients. Le site Web du PECH au www.hypertension.ca présente de nombreuses ressources à lintention des professionnels de la santé et des patients. Lutilisation de ces outils et leur intégration dans votre pratique procurent un excellent cadre pour de nombreuses discussions pertinentes. En bout de ligne Dans la mise à jour annuelle des lignes directrices du PECH en 2008, on préconise la responsabilisation des patients pour quils participent davantage à la prise en charge de leur propre hypertension. Pour réussir, il faut des efforts concertés de tous les professionnels de soins primaires. La communication entre les membres de léquipe sera dimportance primordiale, de manière à ce que les objectifs du traitement soient bien compris, concordants et renforcés par tous les membres de léquipe. Nous encourageons les groupes locaux, y compris les autres professionnels de la santé, comme les diététistes, les travailleurs sociaux et les thérapeutes en réadaptation, à amorcer ce dialogue. Il est important de mettre au point des techniques de communication adaptées à chaque milieu. Nous vous mettons au défi de réfléchir à la façon dont vous donnez des soins pour voir si vous optimisez les avantages dune approche multidisciplinaire en collaboration à la prise en charge de lhypertension. Pensez à ces questions... Réfléchissez à votre façon de donner des soins et posez-vous les questions suivantes:
Posez-vous les questions suivantes quand vous traitez des patients hypertendus:
Footnotes Mme Thompson a participé aux travaux de comités consultatifs pour Sanofi-Aventis et Astellas Pharma et à un atelier sur lhypertension de Pharmascience. Dr Campbell donne des conférences, siège à des comités consultatifs et offre des services dexpertconseil pour la plupart des sociétés membres de Les compagnies de recherche pharmaceutique du Canada (Rx&D), qui produisent des médicaments antihypertensifs au Canada. Les opinions exprimées dans les commentaires sont celles des auteurs. Leur publication ne signifie pas quelles sont sanctionnées par le Collège des médecins de famille du Canada. This article is also in English on page 1659. References
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