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Vol. 54, No. 7, July 2008, pp.970 - 971 Copyright © 2008 by The College of Family Physicians of Canada
Au milieu du peloton en matière de santéLe rendement du Canada dans le sondage international du Fonds du Commonwealth en 2007Neil J. MacKinnon, PhD FCSHPProfesseur agrégé et directeur adjoint de recherche au Collège de pharmacie et professeur agrégé à la Faculté de médecine de la Dalhousie University à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Claudia Sanmartin, PhD
Correspondance à: M. Neil J. MacKinnon, College of Pharmacy and Faculty of Medicine, Dalhousie University, 5968 College St, Halifax, NS B3H 3J5; téléphone 902 494-6379; courrielneil.mackinnon{at}dal.ca En 2007, le Fonds du Commonwealth, établi à New York, a rendu public les résultats du plus récent sondage comparant les systèmes de santé de lAustralie, du Canada, de lAllemagne, des Pays-Bas, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis1. Étant les 2 associés canadiens au Programme de bourses Harkness en politiques de la santé internationale de 2007 à 2008, nous avons rencontré notre ministre fédéral de la Santé, lhonorable Tony Clement, juste avant la publication de létude. Nous étions présents à Washington, DC, au moment de lévénement et nous avons entendu les réactions des ministres de la Santé (ou de leurs représentants) des 7 pays. Lenquête internationale sur les politiques de la santé de 2007 portait sur lopinion dadultes (de 18 ans et plus) et sur leur système de santé et sur leurs expériences au sein de ce système. Nous avons tout de suite été frappés par la pertinence des sujets principaux de cette année au chapitre des politiques et des pratiques: accès aux soins, soins aux malades chroniques, coordination des soins, soins centrés sur le patient et sécurité des patients. On a interviewé environ 12 000 adultes, et les Canadiens représentaient environ 25% de léchantillon (n = 3003), une plus grande proportion que dhabitude en raison dun investissement du Conseil canadien de la santé (ce financement avait pour but de réaliser dautres analyses futures concernant des populations particulières à notre pays). Les résultats: le Canada occupe à peu près le milieu du peloton des 7 pays pour la majorité des sujets. Étant donné linvestissement et lattention accordés au renouvellement des soins de santé ces dernières années au Canada, nous pouvons maintenant utiliser ces données probantes pour guider nos efforts et tout simplement nous améliorer. Les patients, les professionnels de la santé et les décideurs canadiens souhaiteraient sans doute que les médecins canadiens soient des chefs de file et des modèles à imiter sur la scène internationale mais les résultats de lenquête font ressortir des domaines où il y a place à lamélioration. Place à lamélioration Les résultats permettent de cerner 3 domaines quil faut améliorer. Au Canada, ces secteurs ont récemment fait lobjet dinvestissements et dattention; cependant, il semble approprié de voir si on agit dans la bonne direction et suffisamment. Le premier domaine concerne laccès au système de soins primaires et son utilisation. Le Canada se situait soit au dernier rang ou aux alentours pour les questions portant sur laccès en temps opportun au médecin habituel, la possibilité de rendezvous le soir ou les fins de semaine, la durée de temps passé par les médecins avec leurs patients et les rappels concernant la prévention ou les soins de suivi. Il nest donc pas surprenant que les adultes au Canada aient été de grands utilisateurs des services durgence, notamment 16% des patients ayant signalé sêtre rendus à lurgence pour des problèmes que leur médecin aurait pu traiter sil avait été disponible. De fait, 45% des personnes atteintes de maladies chroniques au Canada étaient allées à lurgence au cours des 2 dernières années. Comme lont carrément écrit les auteurs de létude, nous avons «les symptômes dun système de soins primaires en état de stress1». Heureusement, il se passe des choses prometteuses dans lamélioration des horaires de travail des pratiques de soins primaires, comme la méthodologie daccès avancé2, qui facilite les rendezvous le jour même ou le lendemain sans augmenter la quantité de travail ou le mécontentement du médecin. Le deuxième secteur nécessitant notre attention est la sécurité du patient. Une proportion de 17% des répondants canadiens ont signalé avoir fait lobjet derreurs médicales, de médication ou de laboratoire au cours de lannée précédente. Cette part augmentait à 28% chez les patients ayant 2 problèmes chroniques ou plus et à 30% pour ceux qui consultaient 3 médecins ou plus. LÉtude canadienne sur les événements indésirables a été la première à décrire lampleur de ce problème au pays3. Depuis, Forster et ses collègues ont observé comment les déficiences systématiques dans la transition des soins peuvent causer de nombreux événements indésirables4. La recherche a aussi démontré que les patients ont de précieux conseils à donner pour atténuer ce problème5. LInstitut canadien pour la sécurité des patients est devenu un important intervenant pour encourager le changement, et des centaines déquipes dans les hôpitaux participent à la campagne nationale sur la sécurité des patients sous le slogan «Soins de santé sécuritaires maintenant!». En compagnie des autres ministres de la Santé présents, le ministre Clement a participé à la campagne officielle de signature de la nouvelle initiative de lOrganisation Mondiale de la Santé «Action on Patient Safety: High 5s6». Le Canada assumera un rôle de premier plan dans lun ces cinq volets de linitiative: la conciliation des médicaments. Le troisième secteur relie la qualité des soins primaires à la sécurité des patients. Si 91% des adultes au Canada ont un médecin ou une clinique médicale réguliers, seulement 48% disent que ces médecins ou cliniques sont très ou assez faciles à contacter par téléphone, quils connaissent toujours ou assez souvent leurs antécédents médicaux et quils aident toujours ou souvent à coordonner leurs soins. Avant tout, les résultats de lenquête indiquent que le fait davoir un «chez-soi» médical réduit le nombre de visites à lurgence et les tests inutiles, et accroît laccès après les heures normales, la qualité de la communication entre le patient et le dispensateur ainsi que de la coordination des soins. Les adultes qui rapportent avoir un chez-soi médical signalent moins souvent des erreurs médicales, de médicaments ou de laboratoire (17%) que ceux qui nen ont pas (29%). Il est évident que laccès aux services et la qualité des soins sont davantage associés à ceux fournis par un médecin habituel ou une clinique régulière quau simple fait davoir accès à une source habituelle de soins. Perspective favorable Par ailleurs, les Canadiens ont quand même un point de vue favorable quant au renouvellement des soins de santé. Seulement 12% des Canadiens (par rapport à 34% des Américains, par exemple) jugeaient que le système de santé devrait être rebâti. Ces constatations corroborent celles du bilan de santé du système, produit à la demande de lAssociation médicale canadienne en 2007, qui indiquaient que seulement 9% des répondants canadiens avaient donné une note de «F» à la qualité du système en général7. Le Fonds du Commonwealth a aussi reconnu une amélioration avec le temps au Canada et en Nouvelle-Zélande, affirmant que les opinions sur le système sétaient constamment améliorées au cours de la dernière décennie et étaient maintenant comparables à celles exprimées en Australie et au Royaume-Uni1 . Dans lensemble, il se dégage certaines bonnes nouvelles dans les résultats de cette enquête, mais aussi des secteurs à améliorer. Dune façon ou dune autre, nous pouvons apprendre de nos partenaires du Fonds du Commonwealth pour améliorer le système de santé au Canada.
Footnotes This article is also in English on page 965. Nous remercions de ses contributions Diane Watson, membre du corps professoral au Centre for Health Service and Policy Research à lUniversity of British Columbia à Vancouver et ancienne associée Harkness. Les opinions exprimées dans cet article ne représentent pas celles du Fonds du Commonwealth ni de la Fondation canadienne de la recherche sur les services de santé. Aucun déclaré Les opinions exprimées dans les commentaires sont celles des auteurs. Leur publication ne signifie pas quelles sont sanctionnées par le Collège des médecins de famille du Canada. Références
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