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Vol. 55, No. 2, February 2009, pp.134 - 138 Copyright © 2009 by The College of Family Physicians of Canada
Le Canada devrait-il autoriser la publicité directe des médicaments dordonnance?OUIDurhane Wong-Rieger, PhDPrésidente-directrice générale de lInstitute for Optimizing Health Outcomes à Toronto, Ont, présidente de la Canadian Organization for Rare Disorders, et fondatrice et directrice du Consumer Advocare Network Correspondance: Mme Wong-Rieger, présidente-directrice générale, Institute for Optimizing Health Outcomes, 151 Bloor St W, Suite 600, Toronto, ON M5S 1S4; téléphone 416 969-7435; courrieldurhane{at}gmail.com Il est temps de mettre un terme à ce débat au Canada. Le plus grand risque pour les patients canadiens ne vient pas des annonces publicitaires de médicaments diffusées par des sources médiatiques américaines, mais bien du manque daccès aux renseignements sur les médicaments dordonnance. À titre de défenseur des intérêts des patients, de mère de 2 enfants ayant des problèmes de santé et dépouse dun homme souffrant de multiples problèmes chroniques, je connais les frustrations quengendre la recherche dinformation sur les nouvelles thérapies. En Europe, où il existe des obstacles semblables, un sondage auprès de 268 organisations sans but lucratif de patients a révélé que le cinquième des répondants disaient ne «jamais» pouvoir accéder à des renseignements de grande qualité sur les médicaments dordonnance, les trois cinquièmes répondaient y avoir «parfois» accès, tandis que seulement 13 % affirmaient «toujours» y accéder1. Au Canada, le débat entourant la publicité telle que faite aux États-Unis a fait dérailler la discussion sur laccès direct par les patients aux renseignements sur les médicaments. Les critiques de la publicité directe sur les médicaments dordonnance (PDMO) englobent souvent linformation directe aux consommateurs, malgré labsence de données probantes2. Arguments à lappui Cet article présente 4 points en faveur dun accès direct par les patients à des renseignements sur les médicaments dordonnance :
La publicité sur les médicaments ou les maladies contribue à la santé publique en augmentant les consultations appropriées pour des problèmes de santé non diagnostiqués ou traités Dans une enquête par la Food and Drug Administration des États-Unis, les médecins ont répondu que la majorité (88 %) des patients qui demandaient des renseignements à propos de médicaments en particulier après avoir vu des annonces publicitaires souffraient en fait des problèmes pour lesquels ces médicaments étaient conçus6. Environ le quart des patients dont la consultation était incitée par des annonces publicitaires ont reçu de nouveaux diagnostics, certains pour des problèmes possibles à prévenir comme lhypertension, le diabète, lhypercholestérolémie et la dépression7. Près de 75% des médecins qui ont répondu au sondage ont signalé que les campagnes amélioraient la qualité de leurs discussions avec les patients. En général, la publicité peut aider à redresser le «déficit en matière de santé» qui fait en sorte que des problèmes sérieux ne sont pas suffisamment diagnostiqués et traités.
Les annonces ne font pas en sorte que les patients reçoivent des médicaments inappropriés Selon une étude longitudinale comparant des Canadiens anglophones exposés à des annonces (illicites) états-uniennes concernant 3 médicaments et des Canadiens francophones non exposés à de telles annonces, les annonces navaient pas eu deffet sur les taux de prescription de 2 de ces médicaments et nont entraîné quune augmentation à court terme des ordonnances du troisième9. Parallèlement, le Government Auditing Office des États-Unis a conclu que seulement 27 % des personnes ayant vu des annonces de médicaments demandaient en fait ces médicaments et recevaient une ordonnance10. Les trois quarts des patients qui ont demandé conseil à leur médecin après avoir vu une annonce de médicament ont déclaré que leur médecin avait discuté avec eux de santé et de changements au mode de vie; plus de la moitié avaient reçu une prescription dun médicament générique équivalent, tandis que 51 % sétaient fait suggérer des traitements sans ordonnance.
Linformation directe aux consommateurs sur les produits pharmaceutiques répond à un besoin des patients jusque là insatisfait Dans un même ordre didée, le public a exercé des pressions sur la Commission européenne pour quelle permette aux sociétés de produits pharmaceutiques de donner des renseignements (et non de la publicité) directement aux consommateurs dans les médias publics, notamment à la radio et à la télé, dans les journaux et dans Internet12. Répondant à un sondage, la plupart des groupes de patients européens atteints du cancer ont dit ne pas pouvoir se fier à leur spécialiste pour obtenir assez de renseignements, et beaucoup étaient davis que les pratiques des médecins en matière dordonnance étaient régies par les budgets restrictifs des autorités de la santé13. Dans un autre sondage, les groupes de patients estimaient avoir le doit dapprocher directement les sociétés de produits pharmaceutiques pour obtenir de linformation sur leurs médicaments14.
Linformation directe aux consommateurs sur les médicaments doit être équilibrée, vérifiée et surveillée Le guide de Santé Canada sur la publicité des médicaments en vente libre reconnaît que les consommateurs devraient recevoir des renseignements justes et équilibrés au sujet des avantages et des risques associés aux médicaments pour prendre des décisions avisées. Il reconnaît que le public ne lit pas nécessairement les notices ou les monographies sur les produits, mais quil sintéresse aux annonces publicitaires. Par conséquent, des renseignements équilibrés transmis aux patients par la publicité peuvent promouvoir lusage convenable des médicaments et apporter par le fait même des avantages concomitants au système de santé16. Je propose dutiliser la même logique et les mêmes directives pour les médicaments dordonnance. Linformation doit être fondée sur des données probantes et ne pas excéder ce qui a été approuvé dans les monographies du produit. Il faut inclure tous les bienfaits et les risques importants, et toutes les communications doivent faire lobjet dune vérification préalable et dune approbation. Les communications inexactes doivent être corrigées ou retirées, et les renseignements trompeurs devraient entraîner des pénalités. Un dernier mot Il est illogique et irresponsable de permettre la libre circulation outre frontière de la PDMO tout en restreignant des renseignements plus appropriés produits au Canada, qui seraient approuvés et surveillés par les autorités canadiennes. Nous pourrions trouver une approche centrée sur le patient qui répond aux besoins de renseignements équilibrés, de grande qualité et complets sur les médicaments dordonnance, qui ne trompent pas les patients ni ne les incitent à une utilisation inappropriée des médicaments.
Footnotes This article is also in English on page 130. LInstitute for Optimizing Health Outcomes et la Canadian Organization for Rare Disorders (CORD) ont reçu des subventions sans restrictions pour léducation de la part de sociétés de produits pharmaceutiques. LInstitute for Optimizing Health Outcomes est financé par des contrats de service et des commandites du ministère de la Santé et des Soins de longue durée de lOntario et du ministère de la Santé de la Colombie-Britannique; par des contrats de service avec des établissements de soins de santé, des cliniques et des services de santé; et par des subventions sans restrictions pour léducation versées par des sociétés de produits pharmaceutiques. La Canadian Organization for Rare Disorders reçoit des subventions sans restrictions pour léducation de la part de sociétés de produits pharmaceutiques et de fondations, dont lAlberta Gaming and Liquor Commission. Lauteure ne reçoit aucune rémunération pour ses services bénévoles auprès de CORD. Références
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