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Vol. 55, No. 7, July 2009, pp.686 - 687 Copyright © 2009 by The College of Family Physicians of Canada
Prise en charge de lhypertension par les médecins de familleEst-ce le temps de nous féliciter?Karen Tu, MD MSc CCFP FCFPMédecin de famille dans lÉquipe de santé familiale du Toronto Western Hospital, scientifique à lInstitute for Clinical Evaluative Sciences à Toronto, en Ontario, et professeure agrégée au Département de médecine familiale et communautaire de lUniversity of Toronto Correspondance: Dre Karen Tu, Institute for Clinical Evaluative Sciences, G1 06, 2075 Bayview Ave, Toronto, ON M4N 3M5; courrielkaren.tu{at}ices.on.ca Lhypertension est le plus grand facteur de risque de mortalité au monde1 et un important facteur de risque de maladies cardiovasculaires et daccidents vasculaires cérébraux2,3. On diagnostique et traite habituellement lhypertension en clinique externe et cest lun des motifs les plus fréquents de consulter un médecin de famille4. Près du quart de la population adulte et presque la moitié des personnes de 50 ans et plus en souffrent, doù un fardeau de maladie indéniablement élevé5. Étant donné que le traitement de lhypertension est généralement associé à une réduction de 20 % à 25 % des incidents cardiovasculaires6, le contrôle de cette maladie généralement asymptomatique représente peut-être lune des plus importantes mesures de prévention que puissent prendre les médecins de famille. Améliorer le diagnostic et les taux de contrôle Selon les données de 1986 à 1992 au Canada, les taux de traitement et de contrôle de lhypertension étaient des plus inquiétants, se situant respectivement à 39 % et 16 %7. Pendant une assez longue période de temps, les Américains semblaient mieux réussir à ce chapitre, affichant des taux de traitement et de contrôle de 58 % et 31 %, de 1988 à 20008. Plus récemment, dans une enquête en Ontario fondée sur des mesures réel-les, les taux de traitement et de contrôle sélevaient à 81 % et 65 % respectivement9. Cette conclusion, combinée aux études dans lesquelles des données administratives ont servi à identifier une tendance à la hausse des diagnostics dhypertension par des médecins5 et un taux à la baisse de mortalité chez les patients souffrant dhypertension au cours de la dernière décennie10, porte à croire que les médecins de famille ont amélioré leur prise en charge de lhypertension. Dans ce numéro du Médecin de famille canadien, on présente 3 exemples dévaluations de la prise en charge de lhypertension dans des milieux concrets au Canada. Dans Ontario11 (page 720) et Alberta12 (page 736), on a observé des taux semblables de traitement et de contrôle à la suite dune étude des dossiers dans les cabinets de médecins de famille. Dans ces 2 provinces, le taux de traitement excédait les 85 %. Le taux de contrôle denviron 45 % constaté dans les études en milieux concrets11,12 nest pas aussi impressionnant que celui de 65 % relevé dans lenquête sur les mesures réelles9, mais les techniques de mesure et les milieux où la mesure de la pression artérielle (PA) était prise nétaient pas les mêmes dans les études et lenquête. Dans le milieu concret, les taux de contrôle étaient calculés à partir des mesures de la PA prises dans le cabinet du médecin et consignées dans les notes cliniques. Par comparaison, lautre méthode comportait la mesure de la pression artérielle par une infirmière en clinique externe à laide dun sphygmomanomètre, le BpTRU, qui rejette la première mesure et prend la moyenne des 5 lectures suivantes, quand le patient est laissé seul, réduisant ainsi leffet de lhypertension causée par la blouse blanche9. On peut bien se demander laquelle des techniques de mesure est la plus appropriée pour fonder les décisions thérapeutiques, mais on peut aussi imaginer que les taux de contrôle calculés avec lune ou lautre ne sont pas aussi éloignés quon pourrait le croire initialement. De plus, dans les études en milieu concret, on ne peut pas tenir compte de la durée de temps depuis le diagnostic dhypertension chez le patient ni à quel moment durant lintervalle depuis le diagnostic les mesures de la PA servent au calcul du taux de contrôle. Même dans une étude randomisée contrôlée et un environnement beau-coup plus strict, et avec bien plus dinterventions ciblées sur lhypertension et le médecin, les taux de contrôle de lhypertension variaient entre 61 % et 68 % après 5 ans de participation à létude13. Dans le contexte dune pratique de médecine familiale occupée, où les patients se présentent avec des problèmes multiples, je dirais que les médecins de famille réussissent plutôt bien. Dans une étude en Nouvelle-Écosse portant sur des patients souffrant de diabète et dhypertension, le taux de contrôle était de 27 % et la valeur moyenne de la PA se situait à 135/73_ mm_ Hg chez les participants à létude (page 729)14. En comparaison de létude prospective marquante sur le diabète au Royaume-Uni15, dans laquelle la valeur moyenne de la PA chez les patients diabétiques était de seulement 144/82_mm_Hg, il semblerait que les médecins reconnaissent les objectifs à viser en matière de PA et essaient au moins de les atteindre. Il convient de souligner que ces améliorations se sont produites dans un contexte sans prime au rendement ni mesure selon des indicateurs de la qualité. Ces constatations pourraient être attribuables au Programme éducatif canadien sur lhypertension, créé en 199916, qui offre des mises à jour annuelles des recommandations nationales sur lhypertension (page 697)17 et a pour mandat de diffuser de linformation et de renseigner les professionnels de la santé sur la prise en charge de lhypertension. Place à lamélioration? Limportance accordée récemment par le Programme éducatif canadien sur lhypertension à latteinte par les patients dobjectifs en matière de valeurs de PA est probablement prudente, compte tenu que les personnes diabétiques sont à risque élevé dincidents cardiovasculaires. Bien sûr, il y a toujours place à lamélioration, mais que peut-on attendre de plus des médecins de famille? Il y a certainement des facteurs propres aux patients qui aident à déterminer le contrôle de la PA, que le médecin ne peut pas modifier. Même si les taux de persistance à la prise dantihypertenseurs se sont améliorés, près du quart des personnes âgées qui prennent des antihypertenseurs nont pas reçu de renouvellement dordonnance 2 ans après lamorce du traitement18. Il faut mettre en œuvre des stratégies pour améliorer le respect de la pharmacothérapie par les patients et leur persistance. Il y aurait lieu détudier si des vérifications et de la rétroaction ou encore plus de réflexion sur la prise en charge de lhypertension par les médecins pourraient entraîner dautres améliorations. Mais, dans lensemble, je pense vraiment quil est temps de nous féliciter. Il y a eu améliorations considérables : excellent travail!
Footnotes Aucun déclaré Les opinions exprimées dans les commentaires sont celles des auteurs. Leur publication ne signifie pas quelles sont sanctionnées par le Collège des médecins de famille du Canada. This article is also in English on page 684. Références
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