

Chaque médecin de famille au Canada soignera des patients 2SLGBTQ+ durant l’exercice de sa profession. Il importe que nous soyons prêts à traiter les problèmes de santé que vivent ces communautés diversifiées, surtout maintenant que leur accès aux soins de santé est menacé dans de nombreuses régions du monde. Il est nécessaire de créer des milieux de pratique sécuritaires pour que les médecins de famille puissent prodiguer des soins adaptés aux patients 2SLGBTQ+ et à leur famille. À titre de vice-président et présidente du groupe d’intérêt des membres du Collège sur la santé des patients 2SLGBTQ+, nous sommes ravis de collaborer en tant qu’éditorialistes invités à ce numéro spécial de la Fierté du Médecin de famille canadien.
Des données de Statistique Canada couvrant la période de 2015 à 2018 ont révélé que près de 1 million de Canadiens s’identifiaient comme étant lesbiennes, gais ou bisexuels, ce qui représentait 3,2 % de la population de 15 ans ou plus1. En 2021, le recensement comportait pour la première fois des questions au sujet du sexe à la naissance et du genre chez les personnes de 15 ans ou plus2. Une personne sur 300 chez les 15 ans et plus s’identifiait comme transgenre ou non binaire. Près des deux tiers (62,0 %) de ces personnes avaient moins de 35 ans2. Par conséquent, il est raisonnable de présumer que chaque médecin de famille au Canada dispense des soins à des patients des communautés 2SLGBTQ+.
La santé des communautés LGBTQ IA2 au Canada; Rapport du Comité permanent de la santé a résumé bon nombre des difficultés avec lesquelles ces populations sont aux prises3. Il est plus probable que les Canadiens qui sont 2SLGBTQ+ développent des troubles de santé mentale, aient des pensées suicidaires et tentent de se suicider en comparaison avec les personnes hétérosexuelles. Les femmes lesbiennes et bisexuelles sont plus vulnérables que les femmes hétérosexuelles à des maladies chroniques comme l’arthrite. Les hommes gais, bisexuels ou qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes sont à risque plus élevé d’un cancer anal et d’une infection au VIH que leurs homologues hétérosexuels3.
Les obstacles aux soins résultent d’une longue histoire ponctuée de discrimination et de stigmatisation. Les Canadiens transgenres ou de diverses identités de genre (TGD) ont tendance à avoir moins accès aux soins primaires et à avoir davantage de besoins non satisfaits en matière de santé que le reste de la population4. Les iniquités sont exacerbées lorsque d’autres facteurs identitaires et déterminants sociaux de la santé, comme l’âge, l’ethnicité, le revenu et l’accès aux soins de santé, coïncident avec l’identité de genre et l’orientation sexuelle. Les Canadiens dans les communautés 2SLGBTQ+ ont tendance à avoir des revenus plus faibles et des taux d’itinérance plus élevés, ce qui les expose à des vulnérabilités additionnelles6.
Bien que le monde prenne davantage conscience des iniquités en santé chez les 2SLGBTQ+, ces communautés continuent de se débattre pour se faire accepter. Plus de la moitié des crimes haineux ciblant l’orientation sexuelle au Canada sont des crimes violents, et les personnes 2SLGBTQ+ sont la cible de deux fois plus de violence et de harcèlement publics que les Canadiens hétérosexuels5. La crainte et la haine alimentées par les conspirations continuent de faire rage dans le monde entier, exacerbant ainsi les écarts en santé.
Le numéro du mois renferme un contenu important pour les soins primaires aux personnes 2SLGBTQ+. Il ne faut pas sous-estimer l’importance d’utiliser un langage approprié dans les soins aux patients 2SLGBTQ+. La Dre Robyn Moxley présente de précieux renseignements aux médecins de famille qui suivent des personnes TGD durant la grossesse (page 407)6. La Dre Moxley offre des solutions d’affirmation de genre pratiques et efficaces, faciles à apprendre, mais qui ont des répercussions majeures sur de nombreuses personnes en quête de soins durant la grossesse et de soutien pour les nouveaux parents.
Deux articles du Troisième rail dans le présent numéro explorent les problèmes que peuvent rencontrer les patients lorsque les soins sont fragmentés (page 415)7 et proposent des recommandations pour atténuer cette fragmentation (page 418)8. Pour essayer de minimiser les préjudices physiques et psychologiques chez les patients TGD, les médecins de famille peuvent demander une consultation spécialisée en soins d’affirmation de genre. Compte tenu des temps d’attente extraordinaires (jusqu’à 2 ans), le message selon lequel les soins d’affirmation de genre dépasseraient la portée de la médecine familiale multiplie les nombreux obstacles nuisibles que rencontrent les patients TGD.
Dans le climat politique actuel, les droits de la personne des communautés 2SLGBTQ+ sont menacés. Les médecins de famille, dont plusieurs sont eux-mêmes 2SLGBTQ+, ont un rôle crucial à jouer. Nous espérons que le contenu de ce numéro vous donnera la confiance voulue pour prodiguer des soins de santé d’affirmation de genre à ces populations.
Notes
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