
La différence ne doit nous apporter que de l’apaisement. Vivons notre vie dans un esprit d’inclusion et laissons la diversité de l’humanité nous émerveiller.
George Takei
Le mois de juin marque la célébration de la fierté. C’est également l’occasion de se rassembler dans un esprit d’amitié et de solidarité pour célébrer le bout de chemin parcouru en matière de droits des personnes 2SLGBTQ+ et pour renouveler notre engagement à l’égard des efforts qu’il nous reste à faire. Le lancement de Fierté CMFC et la publication de ce numéro spécial consacré aux questions qui touchent la communauté 2SLGBTQ+ constituent un pas en avant dans notre cheminement pour devenir une organisation qui se veut à la fois contre l’oppression et véritablement inclusive.
La rédaction de cet article m’a amené à réfléchir à mes connaissances et à mon expérience avec la communauté 2SLGBTQ+. Il se trouve que je n’ai pas souvenir d’avoir suivi un quelconque cours à la faculté de médecine ou d’avoir assisté à une seule conférence portant sur le sujet. Pire encore, ma mémoire n’a retrouvé aucune trace d’un scénario clinique impliquant une personne qui s’identifiait comme étant d’un genre ou d’un sexe différent.
Une étude réalisée en 2011 sur les programmes de premier cycle des facultés de médecine américaines et canadiennes fait état d’un volume de 5 heures d’enseignement consacré au thème 2SLGBTQ+1. Ma formation sur les soins aux personnes 2SLGBTQ+ pendant ma résidence a été tout aussi rudimentaire. Une telle carence des programmes d’enseignement est frappante quand on sait qu’un adulte sur six de la génération Z s’identifie comme faisant partie de la communauté 2SLGBTQ+2 (à titre de comparaison, en 2022, une personne sur dix au Canada a reçu un diagnostic de diabète3).
Ce qui est intéressant, c’est que, grâce à mes enfants, cette statistique ne m’a guère surprise. En effet, j’ai beaucoup appris des conversations que nous avons eues en famille, à table, au sujet de leurs amis, de l’école et de ce qu’on leur inculquait. Ces conversations, qui portaient sur des sujets tels que la fluidité de genre, la pansexualité et la cisnormativité, étaient bien différentes de celles auxquelles je participais à table lorsque j’étais enfant. L’ouverture d’esprit de mes enfants et leur capacité à accepter la diversité me font entrevoir une société qui s’instruit et évolue.
J’ai souvent affirmé qu’il nous fallait ouvrir les yeux sur les différences de points de vue. Le renforcement de la diversité par l’inclusion permet d’élargir et d’approfondir les opinions, ce qui, au bout du compte, stimule l’innovation. La crise du système de santé est un « vilain problème4 » qui requiert des solutions créatives et novatrices. C’est en tirant parti de la force que recèlent les perspectives uniques des personnes issues d’horizons différents que nous parviendrons à mieux résoudre nos problèmes épineux. Ensemble, nous pouvons bâtir un système de santé plus sûr et plus équitable.
En tant que médecin de famille, superviseure, leader pédagogique et mère, je mesure la chance inouïe qui m’est donnée de servir la cause de l’inclusion et de la diversité. Ainsi, nous pouvons encourager l’inclusion en participant à de grands événements où la diversité est célébrée ouvertement, et en menant des actions beaucoup plus modestes, comme en faisant attention au langage que nous employons. Lorsque je m’oriente par inadvertance vers un parti pris cisnormatif, je tâche de reconnaître ma maladresse et de présenter des excuses. Pouvons-nous espérer qu’à l’avenir, demander le pronom soit simple comme dire « Bonjour, enchantée de faire votre connaissance »? Une telle attitude ne pourrait que faire naître un sentiment de sécurité et d’inclusion qui perdurerait. De plus, il ne suffit pas d’être inclusif, mais il est également essentiel de s’allier. Mon rôle de présidente est en ce sens un véritable privilège. Je m’efforce de faire entendre ma voix pour soutenir toutes les personnes marginalisées et opprimées. Je suis également ouverte à tout apprentissage relatif à des expériences que je n’ai pas vécues. Par exemple, j’apprends à offrir des jouets, des vêtements et d’autres articles neutres en termes de genre, de toutes sortes et de toutes couleurs, et qui ne sont pas basés sur les attentes traditionnellement liées au genre. Je suis aussi attentive aux médias que je consulte ainsi qu’aux messages qu’ils véhiculent. La diversité semble aller de l’avant et la représentation des 2SLGBTQ+ dans les publicités, les comédies de situation, les feuilletons et même les émissions de téléréalité a augmenté de manière significative. Par ailleurs, je me réjouis des progrès accomplis au sein du programme d’études médicales, de la résidence et de la société tout entière ; toutefois, le chemin à parcourir reste encore long.
Je remercie le Groupe d’intérêt des membres du CMFC sur la santé des patients 2SLGBTQ+ pour son leadership et pour les ressources qu’il a développées. S’il est important de sensibiliser la communauté à la cause des 2SLGBTQ+ tout au long du mois de juin, nous nous devons également de diffuser ce message chaque jour, et ce, pendant tout le reste de l’année et célébrer la singularité de chaque personne, à chaque instant.
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