Question clinique
Le tirzépatide est-il efficace pour perdre du poids?
Résultats
Une dose de 10 à 15 mg de tirzépatide par semaine produit une perte pondérale de 15 à 20 % chez les patients par rapport à 3 % (placebo) à 72 semaines. La plupart des patients qui prennent du tirzépatide perdent au moins 10 % de leur poids corporel (de 78 à 84 % contre 20 % avec le placebo). Une perte pondérale plus importante est obtenue avec le tirzépatide qu’avec le sémaglutide (20 % contre 14 %) selon 1 essai clinique randomisé (ECR) et ouvert, parrainé par le fabricant du tirzépatide.
Données probantes
Les résultats sont statistiquement significatifs à moins d’indications contraires. Quatre ECR contre placebo ont été effectués par l’industrie portant sur des injections hebdomadaires sous-cutanées de 10 à 15 mg de tirzépatide1-4. Le poids de référence des patients était de 101 à 107 kg; tous ont fait l’objet d’interventions liées au mode de vie. Les sujets souffrant de rétinopathie diabétique, d’œdème maculaire et de maladies thyroïdiennes instables ont été exclus1-3.
Chez les 2539 patients non diabétiques1 à 72 semaines :
- Perte moyenne de 20 % du poids corporel (10 à 15 mg) c. 3 % (placebo). Proportion des patients qui ont perdu 10 % ou plus de leur poids corporel : de 78 à 84 % c. 19 % (placebo), nombre de sujets à traiter (NST)=2.
- Taux de cessation pour effets indésirables (surtout gastro-intestinaux) : 7 % c. 3 % (placebo), nombre nécessaire pour nuire (NNN)=25.
- Proportion des patients subissant une alopécie : 5 % c. 0,9 % (placebo; NNN=25), des étourdissements : 4 % c. 2,3 % (placebo; NNN=59).
Parmi 579 patients non diabétiques2 randomisés à la suite d’interventions liées au mode de vie à 72 semaines :
- Perte de 18 % du poids corporel (21,5 kg) c. gain pondéral de 2,5 % (3,5 kg) (placebo). Taux de cessation pour effets indésirables : 11 % c. 2 % (placebo).
Parmi 938 patients diabétiques3 à 72 semaines :
- Perte de 13 à 15 % du poids corporel (13 à 15 kg) c. 3 % (placebo; 3 kg).
- Proportion des patients qui ont perdu 10 % ou plus de leur poids corporel : 61 à 65 % (10 à 15 mg) c. 9 % (placebo).
- Taux de cessation pour effets indésirables (surtout gastro-intestinaux) : 4 % (10 mg), 7 % (15 mg), 4 % (placebo).
Pendant 36 semaines, le tirzépatide a été administré à 670 patients qui ont par la suite été choisis aléatoirement pour continuer à en recevoir ou changer pour le placebo4. Après 52 semaines additionnelles : perte pondérale de 6 % (tirzépatide) c. gain de poids de 14 % (placebo).
Deux ECR à comparaison directe5-6 parrainés par le fabricant du tirzépatide auprès de 751 patients non diabétiques5 : essai ouvert comparant 10 à 15 mg de tirzépatide c, 1,7 à 2,4 mg par semaine. À 72 semaines :
- Perte de 20 % du poids corporel (23 kg) avec le tirzépatide c. 14 % (15 kg) avec le sémaglutide.
- Proportion des patients qui ont perdu 10 % ou plus de leur poids corporel : 82 % avec le tirzépatide c. 61 % avec le sémaglutide, NST=5.
- Proportion de patients qui ont arrêté le traitement en raison d’effets indésirables gastro-intestinaux : 2,7 % avec le tirzépatide c. 5,6 % avec le sémaglutide.
- L’autre ECR était impossible à interpréter (dosage sous-optimal du sémaglutide [1 mg])6.
Contexte
Les agonistes du récepteur du peptide-1 de type glucagon sont associés à la pancréatite, à l’obstruction intestinale et à la gastroparésie (jusqu’à 7 à 9/1000 patients-années chacun)7. Le coût d’un approvisionnement de stylos injecteurs pour 30 jours varie entre 450 $ et 880 $.
Mise en application
La dose de départ du tirzépatide est de 2,5 mg par semaine, qui est titrée par tranche de 2,5 mg toutes les 4 semaines selon la tolérance (maximum de 15 mg). La dose hebdomadaire de 5 mg peut se traduire par une perte pondérale de 15 %1. Dans les ECR3, le tirzépatide était discontinué lorsque l’indice de masse corporelle atteignait 18,5 kg/m2 ou moins. Les patientes suivant une contraception hormonale devraient ajouter une méthode contraceptive obstructive pendant 4 semaines après avoir commencé le tirzépatide et lors des augmentations de doses en raison d’interactions médicamenteuses possibles8.
Notes
Les articles d’Outils pour la pratique dans le MFC sont une adaptation d’articles révisés par des pairs qui se trouvent à http://www.toolsforpractice.ca et résument les données médicales probantes susceptibles de modifier la pratique des soins primaires. Coordonnés par la Dre Adrienne J. Lindblad, les articles sont élaborés par l’équipe du groupe PEER (Patients, Expérience, Évidence, Recherche) et soutenus par le Collège des médecins de famille du Canada et ses sections de l’Alberta, de l’Ontario et de la Saskatchewan. Vos commentaires sont les bienvenus à toolsforpractice{at}cfpc.ca.
Footnotes
Intérêts concurrents
Aucun déclaré
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