
Beaucoup d’endroits au Musée des beaux-arts du Canada me plaisent, mais la rampe qui monte jusqu’aux salles d’exposition est le lieu que je préfère. On peut y déambuler lentement et contempler les lumières changeantes ou encore faire une escapade à l’heure du midi pour s’entourer de ses œuvres d’art favorites, se ressourcer et se préparer pour la clinique de l’après-midi.
Parfois, mes collègues amènent nos résidents au musée, qui se trouve juste à côté de l’hôpital où nous travaillons. Ils utilisent des stratégies de réflexion visuelle1, des techniques éprouvées pour approfondir les habiletés observationnelles, l’empathie et l’esprit d’équipe. Cependant, je crois que la rampe elle-même est aussi instructive : la pratique familiale est remplie de défis et nous devons nous vider l’esprit entre les tâches. L’ascension de cette rampe peut nous recentrer et nous rappeler l’incroyable responsabilité que nous avons en tant que médecins dans l’espace liminaire entre la médecine et la société.
Dans son premier numéro de 2026, le Médecin de famille canadien est fier de lancer 2 séries connexes : une collaboration avec le Musée des beaux-arts du Canada qui fournira les œuvres d’art de la page couverture pour accompagner des réflexions sur les 9 principes de la médecine familiale originaux d’Ian McWhinney, en l’honneur du centenaire de sa naissance (page e6)2. Nous croyons qu’il s’agit d’un mariage idéal. Dans la crise actuelle en médecine familiale, un retour sur les principes fondateurs peut être instructif, et l’art, surtout venant d’une autre institution nationale, sera inspirant, nous l’espérons.
Les principes originaux de McWhinney3 évoquent l’espace entre la médecine et la société et les raisons pour lesquelles nous ne pouvons pas comprendre nos patients sans comprendre leur contexte et leurs communautés. Ils ne sont pas désuets : même les notions apparemment anachroniques de l’intégration de la vie professionnelle et personnelle et du « partage avec les patients du même habitat » sont le présage des conversations actuelles sur les bassins géographiques, les patientèles et les soins à domicile pour notre population vieillissante3. Nous sommes enchantés que la Dre Jane Philpott, entre autres, fera part de ses réflexions personnelles et professionnelles au sujet des efforts actuels pour accroitre l’accès aux soins dans de prochains numéros.
Il n’est pas accidentel que le Musée des beaux-arts du Canada soit à la frontière de nombreux espaces et influences. Par nécessité et volonté, il emprunte de nombreuses traditions. McWhinney aussi, en vertu de sa nouvelle identité canadienne, a apporté un confluent d’idées à l’intérieur d’une entité plus grande.
Je n’ai jamais rencontré McWhinney, mais j’ai appris qu’il était un homme empreint d’humilité. Notre musée des beaux-arts essaie aussi de faire preuve d’humilité et d’ouverture, y compris à l’idée que tout puisse être connecté. Alors que je monte sa rampe, je suis frappé par notre angoisse actuelle, mais aussi par le potentiel d’aller de l’avant : un espace qui s’ouvre pour révéler quelque chose de plus grand que nous-mêmes.
Une photographie de la rampe située à l’intérieur du Musée des beaux-arts du Canada qui mène aux collections d’œuvres d’art. Utilisée avec la permission du Musée des beaux-arts du Canada. Alternate. Photo: NGC/MBAC.
Footnotes
Les opinions exprimées dans les éditoriaux sont celles des auteurs. Leur publication ne signifie pas qu’elles soient sanctionnées par le Collège des médecins de famille du Canada.
This article is also in English on page 8.
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