Question clinique
L’immobilisation rigide est-elle nécessaire pour une fracture en motte de beurre?
Résultats
Les enfants victimes d’une fracture en motte de beurre qui sont traités avec un bandage souple, une attelle rigide ou un plâtre ont guéri avec des complications minimales, et un fonctionnement et une satisfaction semblables après 4 à 6 semaines. La douleur était comparable à toutes les étapes, quoiqu’avec un plâtre, elle était légèrement moins grande le premier jour.
Données probantes
Les résultats sont statistiquement significatifs, à moins d’indications contraires. Dans 2 revues systématiques d’essais randomisés contrôlés (ERC)1,2 auprès d’enfants d’un âge moyen de 10 ans et victimes de fractures en motte de beurre, qui comparaient les plâtres, les attelles rigides et les bandages souples pendant 3 à 4 semaines, et ce, avec un suivi de 28 à 42 jours.
Dans 1 ERC (N=965)2,3 sur les bandages souples sans suivi planifié par rapport à des attelles rigides avec un suivi prévu :
-La durée moyenne d’utilisation était de 7 jours (bandage) contre 18 jours (attelle).
-Sur une échelle de douleur de 0 à 10, où 10 représente la pire, le score de référence était d’environ 5. Le jour 1, les scores de douleur étaient de 4,3 (bandage) contre 3,9 (attelle); aucune différence cliniquement importante ni de différence à d’autres étapes. Utilisation d’acétaminophène ou d’ibuprofène le jour 1 : 83 % (bandage) contre 78 % (attelle); nombre nécessaire pour nuire=20. Aucune différence à d’autres moments.
-Il n’y a pas eu de différence dans la récupération fonctionnelle et le nombre de jours d’absence à l’école.
-Les changements dans le traitement ou la nécessité d’une nouvelle application étaient de 11 % (bandage) contre 5 % (attelle).
-Sur une échelle de satisfaction de 1 à 7 (où 1 représente la plus grande), les scores le jour 1 étaient de 2 (bandage) contre 1 (attelle); le score pour les 2 options au jour 42 se situait à 1.
-Le taux d’événements indésirables était très faible; aucune analyse n’a été effectuée.
Une attelle rigide par rapport à un plâtre :
-Le score de douleur (5 ERC, N=437)1 le jour de l’application (échelle de 0 à 10; 10 représente la pire) était de 3 (attelle) contre 0 (plâtre); aux jours 7 à 21, il n’y avait pas de différence1,2.
-Un changement dans le traitement ou une nouvelle application effectuée (4 ERC, N=444) à un taux de 3 % dans les 2 groupes1.
-Aucune différence dans le fonctionnement physique après 4 semaines (1 ERC, N=65)1.
-La satisfaction (différentes mesures utilisées) : dans 1 étude, même satisfaction, dans 1 autre, les attelles étaient préférées1,2.
-Les événements indésirables : peu se sont produits, aucune différence1,2.
Les bandages souples contre le plâtre (ERC additionnelle, N=150)4 : aucune différence dans les complications ni dans la satisfaction.
Les limitations : toutes les études sauf 1 étaient de petite taille, et l’évaluation à l’insu des résultats était incohérente.
Contexte
Les fractures en bois vert (cortex fracturé sur 1 côté et en motte de beurre de l’autre) nécessitent habituellement une immobilisation rigide5.
Les lignes directrices du National Institute for Health and Care Excellence recommandent des bandages souples pour les fractures en motte de beurre, mais aucune ligne directrice canadienne n’a été publiée6,7.
Les soins à domicile avec un suivi par un médecin de famille au besoin donnent des résultats semblables à ceux obtenus avec un suivi planifié par un médecin de famille8.
Mise en application
Des bandages souples (gaze extensible ou bandage élastique) ou des attelles amovibles sont appliqués en milieu de soins aigus. Des bandages souples sont utilisés pour des fractures en motte de beurre isolées (avec ou sans fracture de l’ulna) et sont appliqués sur le tiers distal du radius si le cortex est entièrement intact. Il faut informer les parents, au moyen d’une brochure ou d’une référence à un site Web9, au sujet de la fracture et les aviser que les bandages peuvent être enlevés pour le bain et lorsque la douleur a disparu. Si la douleur revient, le bandage ou l’attelle sont appliqués de nouveau pendant une autre semaine. Les activités impliquant des balancements ou des risques de chutes élevés doivent être évitées pendant environ 6 semaines.
Notes
Les articles d’Outils pour la pratique dans le MFC sont une adaptation d’articles révisés par des pairs qui se trouvent à http://www.toolsforpractice.ca et résument les données médicales probantes susceptibles de modifier la pratique des soins primaires. Coordonnés par la Dre Adrienne J. Lindblad, les articles sont élaborés par l’équipe du groupe PEER (Patients, Expérience, Évidence, Recherche) et soutenus par le Collège des médecins de famille du Canada et ses sections de l’Alberta, de l’Ontario et de la Saskatchewan. Vos commentaires sont les bienvenus à toolsforpractice{at}cfpc.ca.
Footnotes
Intérêts concurrents
Aucun déclaré
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